Le blog politique de matpac

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31 août 2006

Une Banque russe au capital d'EADS

On apprend aujourd'hui dans la presse que la banque publique Vnechtorgbank (VTB) a acquis près de 5 % des actions du groupe aéronautique et de défense européen EADS, en investissant près d'un milliard de dollars. Cette entrée surprise de l'Etat russe au sein du géant aéronautique européen pose en tout cas un certain nombre de questions, à la fois de nature industrielle et géopolitique :

Tout d'abord, cet entrée au capital peut être interprétée comme une volonté de renforcer l'intégration avec l'Europe dans l'aéronautique civil : la Russie va avoir d'importants besoins de renouvellement de la flotte aérienne, et la bataille entre Airbus et Boeing s'annonce serrée sur ce terrain.

Mais au delà, les questions portées par cette nouvelle concernent surtout la dimension militaire d'EADS. En effet, au delà d'Airbus, EADS est avant tout un groupe de défense, qui réalise des avions militaires (A400M), des systèmes d'armes, des missiles, avec une dimension stratégique évidente.

Par ailleurs, l'industrie aéronautique est en plein renouveau, et profite à plein des rentrées de devises dues au prix du pétrole. La Russie a ainsi annoncé la création de la société publique OAK, qui sur le modèle EADS, regroupe les principaux constructeurs aéronautiques russes, notamment les fameux Sukhoi et Mig.

Il est encore un peu tôt pour savoir si ce nouvel ensemble, tel Gazprom, a vocation à s'affirmer sur la scène internatonale (et la prise de participation chez EADS en constituerait le premier signe avant coureur). Quoiqu'il en soit, les européens ont intérêt à rester vigilant pour maintenir le contrôle d'une des entreprises les plus stratégiques et les plus sensibles de l'Union Européenne.

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30 août 2006

Dépolitisation du Smic, un nouveau recul de la démocratie

Selon un article de La Tribune du jour, le Medef a proposé, à l'occasion de son Université d'Eté, de modifier le mode de fixation du Smic, pour le confier à une commission indépendante du pouvoir politique. Cette commission serait ainsi susceptible d'être à l'abri des contingences politiques et de la démagogie des responsables politiques, en particulier en période pré-électorale. Le principal impact serait donc de fixer le smic à partir de critères techniques, ce qui conduirait naturellement à limiter les fameux "coups de pouce" des différents gouvernement. Ainsi une nouvelle fois, le Medef reprend à son compte la théorie des nouveaux classiques, qui préconise de sortir le maximum de pouvoir du champ politique pour le confier à des instances indépendantes. C'est déjà ce qui avait abouti à la création de la Banque Centrale Européenne, qui est dans ses statuts totalement autonome pour piloter la politique monétaire européenne.

Le problème, c'est qu'à force de rogner ainsi sur le pouvoir du politique, au nom d'un principe de "réalité unique", c'est la démocratie qui est ainsi attaquée. Moins le politique a de pouvoir sur l'économie, moins le vote a d'intérêt, puisque la nouvelle personnalité élue n'aura plus la moindre marge de manœuvre pour mettre en œuvre son programme…

Comme pour la politique monétaire, il est faux et dangereux de dire que le SMIC peut se fixer sur des critères techniques. Ce sont à l'inverse des choix politiques, qui ont un impact sur la répartition des richesses entre les catégories de citoyens, qui guident ce type de décision. Un gouvernement démocratiquement élu doit être libre, au nom du peuple, de modifier le SMIC, à la hausse comme à la baisse, ça fait partie du champ démocratique !

A l'inverse, espérons que la campagne présidentielle qui s'annonce sera l'occasion d'un véritable débat sur le périmètre du champ politique et son rayon d'action. Ce débat est d'ailleurs d'autant plus fondamental que plus ce champ se rétrécit, plus les campagnes électorales vont par nature tomber dans la démagogie, puisque les politiques n'auront plus de pouvoir pour changer les choses…

Posté par matpac à 14:04 - Présidentielles 2007 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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