Le blog politique de matpac

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28 septembre 2006

Retrait de Jospin, victoire de la démocratie d'opinion ?

Depuis ce matin, la route de la candidature à l'élection présidentielle semble s'être sérieusement dégagée pour Ségolène Royal, avec l'annonce du retrait de la course à l'investiture de Lionel Jospin.

A plusieurs égards, on ne peut que se réjouir de ce retrait qui semble cette fois bien définitif. Un âge avancé (69 ans), le reniement d'une annonce présentée comme irréversible le 21 avril 2002, une aspiration légitime à faire émerger une nouvelle génération, et un risque de relancer la guerre au PS sont autant de raisons qui justifient ce retrait que beaucoup de responsables socialistes ont qualifié de "sage".

Pour autant, la désormais probable victoire de Ségolène Royal au sein du PS laisse effectivement présager des lendemains bien difficiles pour le PS. En se mettant délibérément en marge de l'appareil socialiste, Royal a choisi de s'adresser directement à l'opinion, et compte sur les sondages pour forcer la main des militants (méfions nous toutefois, on a pu voir lors du référendum sur la constitution à quel point les militants pro oui pouvaient être en décalage avec les sympatisants auprès desquels le Non a été largement majoritaire).

De même, Ségolène Royal se méfie des idéologies, et préfère faire l'apologie du pragmatisme, du bon sens et du "terrain". De ce fait, la pensée idéologique de Ségolène n'est pas un corpus idéologique cohérent, mais un patchwork d'idées prises ça et la, et déconnectées les unes des autres sans tenir jamais compte des interdépendances pouvant exister entre différentes mesures.

Au total, on voit bien tout les dangers de cette apologie de la démocratie d'opinion. En faisant la part belle aux sondages, elle condamne l'homme (ou la femme en l'occurence) politique à n'être qu'un suiveur des mouvements d'opinion à court terme. D'autre part, elle empêche de pouvoir évaluer la vision d'ensemble d'un programme où chaque mesure doit être prise et évaluée individuellement... De ce fait, elle retire toute légitimité à l'homme politique pour être celui qui propose une direction, indique un chemin, et participe au renforcement de la maturité de la démocratie.

En cela, la candidature de Ségolène Royal semble représenter un véritable danger pour l'évolution du débat démocratique. Gageons que les militants du Parti Socialiste seront assez lucides pour refuser cette voie, faute de quoi ce sera aux français de le faire...

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23 septembre 2006

25 ans du TGV, vive la dépense publique !

La SNCF fête ce week end le 25è anniversaire de la mise en service du premier TGV orange sur la ligne Paris Lyon.

A l'heure où l'idéologie néo libérale ne cesse de condamner par principe tout ce qui touche de près ou de loin à la dépense publique, cet anniversaire est la pour nous rappeler que celle ci est indispensable pour faire émerger des fleurons de l'industrie nationale. En effet, à l'image d'Airbus ou d'Ariane, ce projet de train à grande vitesse n'aurait jamais pu émerger naturellement avec des investisseurs privés. Des montants d'investissement trop important (la SNCF cumulait 200 Milliards d'endettement au milieu des années 80 !), et un retour sur investissement beaucoup trop lointain, bref, seule la puissance publique pouvait se permettre un tel investissement.

Aujourd'hui le bilan est extraordinairement positif : plus d'un milliard de passagers transportés, le moyen de transport le plus sûr (aucun accident, aucun mort à déplorer), le plus écologique (pas de pétrole, une consommation d'électricité par passager dérisoire), une réussite à l'exportation, et enfin une révolution pour certaines villes de province totalement relancées par le TGV (Nantes, Tours, voire Marseille...).

Quel plus bel exemple que cette réussite pour réhabiliter la dépense publique, comme moyen de pallier les insuffisances du capitalisme en terme de visibilité à long terme ! Contrairement aux libéraux, je suis convaincu que la France a besoin d'une véritable politique industrielle suscité par la puissance publique, pour faire émerger les champions de l'industrie de demain, qui représentent également les emplois de nos enfants !

Espérons que ce constat finira un jour par remettre en question cette règle grotesque des fameux 3% de déficit public autorisé par Bruxelles. Au minimum, il est crucial de distinguer les dépenses de fonctionnement des dépenses d'investissement, afin que l'avenir ne soit pas systématiquement sacrifié aux objectifs de court terme de gouvernements en sursis...

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11 septembre 2006

Privatisation de Gaz de France : 128 amendements traités

Au soir du premier jour de débat sur la privatisation de Gaz de France à l'Assemblée Nationale, l'AFP nous apprend que l'Assemblée Nationale a examiné et rejeté 128 amendements PS sur un total de 137.629.

Ainsi, les socialistes se sont engagés dans une opération de flibusterie parlementaire délibérée, et veulent absolument contraindre le gouvernement à user du 49-3 pour ensuite crier au scandale.

Au delà du caractère pathétique de la manoeuvre, elle démontre surtout un profond mépris de l'institution parlementaire et du rôle que celle ci est censée jouer dans le vote des lois et le contrôle des activités de l'exécutif. Lors de la campagne présidentielle, tous auront une larme à l'oeil pour regretter la perte de crédibilité et de pouvoir du Parlement face à un gouvernement tout puissant. Pas sûr que ce soit avec ce type d'attitude que la situation s'améliore...

Autre point intéressant de ces derniers jours, la CGT et FO indiquent avoir remporté une majorité absolue lors du référendum organisé auprès des salariés de Gaz de France sur la privatisation du groupe.

Il serait tout aussi intéressant de demander à la branche CGT du groupe Suez (que l'on entend pas beaucoup, d'ailleurs) d'organiser le même type de consultation chez les salariés de l'ex Lyonnaise des Eaux, sur le bien fondé de la fusion avec Gaz de France...

Posté par matpac à 01:44 - Politique industrielle - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 septembre 2006

Suez Gaz de France, pourquoi la fusion est nécessaire...

Le débat qui fait rage en France autour de la privatisation de Gaz de France est en train de prendre une tournure dangereuse, en ce sens qu'il se focalise completement sur le statut de Gaz de France, en oubliant totalement l'origine de la privatisation du groupe.

Car ne nous trompons pas, il ne s'agit de privatiser Gaz de France pour faire plaisir aux libéraux, en suivant la ligique implacable du libéralisme ! Il s'agit au contraire de permettre à Gaz de France de grandir en constituant avec Suez un des principaux leaders du secteur européen de l'énergie. Accessoirement il s'agit aussi de protéger le groupe Suez (ex Lyonnaise des Eaux, rappelons le...) des appétits des acteurs étrangers, alors que ce groupe dispose d'une position forte dans les services aux collectivités locales, et donc d'une responsabilité majeure en terme d'approvisionnement en eau, de gestion des déchets ou de lutte contre la pollution.

Concernant Gaz de France, qui peut croire un instant que dans un marché en pleine concentration, un acteur de taille moyenne peut survivre dans les prochaines années ? La structuration du marché (et on peut être contre, à ce moment la, il faut renoncer aux acquis de la construction européenne) fait qu'il ne restera dans quelques années q'un nombre extrèmement limité d'acteurs se partageant le parché européen, EDF, EOn, Enel, plus un ou deux autres...

La fusion Gaz de France Suez ne règle pas tous les problèmes, et n'est pas sans incertitudes sur l'avenir. A ce titre on peut comprendre l'inquiétude des personnels de Gaz de France à qui l'on avait promis de rester dans le giron étatique.
Mais ne nous trompons pas de combat : à terme, Gaz de France seul aurait été menacé de marginalisation. Au moins avec Suez, le groupe a l'opportunité de devenir un leader européen, compétitif et créateur d'emploi...

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