18 janvier 2007
Nouveau départ pour Airbus
Les ministres des transports des principaux pays européens ont participé aujourd'hui à un vol d'essai sur l'A380, réalisant une boucle d'une petite heure autour de Toulouse.
Visant à marquer le soutien des pays contributeurs au nouveau gros porteur, cette visite tombe à pic pour relancer la machine, alors qu'Airbus a, pour la première fois de son histoire (en tant que GIE, qui ne date que de 2000), annoncé que la société ferait des pertes opérationnelles sur 2006, compte tenu de l'intégration des pénalités liées à l'A380 et des premières charges de restructuration liées au fameux Plan Power 8.
On ne peut que se féliciter de voir ce soutien se manifester, alors qu'Airbus a plus que jamais besoin de retrouver sa place de leader mondial de l'aéronautique civile. Car il ne faut pas se tromper, les enjeux liés au redressement d'Airbus sont énormes :
- permettre le maintien de deux acteurs majeurs sur le marché aéronautiques est une nécessité absolue pour préserver un minimum de concurrence... C'est d'ailleurs le message envoyé par plusieurs compagnies aériennes qui n'ont pas hésité à passer des commandes malgré la période actuelle trouble.
- permettre le maintien d'un acteur européen, et donc d'une compétence industrielle dans le secteur aéronautique, et ce pour deux raisons principales : l'emploi bien sûr, mais également la mutualisation avec certaines activités liées à la Défense Nationale, sur lesquelles l'Europe ne peut se permettre de perdre son autonomie...
A l'heure actuelle, Airbus sort de la crise. Les problèmes de cablage électrique de l'A380 sont en cours de règlement, et le marché semble faire à nouveau confiance à l'avionneur. Désormais l'avenir pour Airbus doit se dessiner avec deux axes stratégiques majeurs : d'une part réaliser l'indispensable révolution industrielle qu'a mené Boeing ces dernières années (rationalisation du nombre de sites industriels, rationalisation des fournisseurs, partenariat / risk sharing avec les sous traitants de premier niveau) ; d'autre part réussir à s'imposer sur le marché du renouvellement des A320 qui représentera à partir de 2010 - 2012 plus de la moitié du marché mondial de l'aviation cible.
De leur côté, les politiques ont un devoir impérieux : fixer les grandes règles du jeu et les contraintes (après tout, c'est le rôle normal de l'actionnaire), notamment en terme d'équilibre entre les pays contributeurs, et d'impératif de maintien de l'activité industrielle en Europe ; pour le reste, laisser les industriels travailler et mener à bien la transformation en profondeur dont a besoin Airbus pour redevenir le joyau technologique et industriel de l'Europe qu'il était il y a encore quelques mois, et le leader d'un des secteurs majeurs de l'économie mondialisée.
07 janvier 2007
La "soupe au cochon" enfin interdite
Le juge des référés a confirmé vendredi l'interditionde la désormais fameuse "soupe aux cochons". Il s'agit la d'une distribution de soupe à destination des SDF, et comportant du lard et du porc, de façon à explicitement exclure les SDF musulmans et juifs. Cette distribution est piloté par une association proche du Front National, et sa présidente est une membre du Bloc Identitaire, qu'il est inutile de présenter depuis les exploits de Maxime Brunerie (l'homme qui a tiré sur le Président de la République un 14 juillet).
Ce n'est pas tant le menu qui pose problème, et il n'est pas question ici de commencer à vouloir segmenter les populations de SDF et expliquer que les SDF doivent pouvoir choisir leur menu... De même, ce n'est pas parce que ce sont des membres d'extrème droite qu'ils n'ont pas le droit d'organiser des opérations de solidarité. Mais la en l'occurence, c'est un menu clairement revendiqué et affiché comme visant explicitement à exclure une partie de la population de la distribution...
Lorsqu'une opération humanitaire est réalisée positivement, pour les autres, personne ne peut contester son bienfait. Mais lorsqu'une même opération est faite non pour soulager la souffrance, mais au contraire pour stigmatiser et exclure, il est urgent d'intervenir et de faire cesser ce scandale discriminatoire.
04 janvier 2007
Droit au logement opposable, pourquoi pas finalement !
Le gouvernement s'apprete à proposer une loi visant à créer un droit au logement opposable, dès 2008 pour une partie de la population, et applicable en 2012 en version complète. Concretement ca signifie que toute personne non ou mal logée (logement insalubre notamment) aura le droit d'exiger de sa collectivité de pouvoir disposer d'un logement décent.
je ne suis normalement pas un grand partisan de ce type de loi qui ressemble à des déclarations d'intention et sont rarement appliqués. En plus, le fait de créer un droit supplémentiare sans l'accompagner des devoirs associés me dérange toujours un peu. Pourtant compte tenu de la situation du logement en France, compte tenue des situations inacceptables qui ont été mises en lumières par les SDF du Canal St Martin, cette fois, je serais plutôt pour, enfin à une condition c'est qu'elle soit vraiment appliquée, et de façon censée !
Une condition majeure est d'appliquer réellement cette loi, mais à condition de trouver le niveau de collectivité pertinent ! Il ne sert en effet à rien d'exiger des quotas tels que l'impose la loi SRU, sur un pourcentage minimum de logement sociaux. Chacun sait bien que cette loi est inapplicable au niveau d'une commune, même si on devrait forcer son application, par exemple au niveau des départements qui représentent une collectivité à taille acceptable... Pourra t'on choisir la collectivité à poursuivre ? La question reste floue à ce stade...
Autre point, si l'on souhaite que cette opposition soit exercée formellement, par exemple par les sans abris, les démarches doivent être simples, rapides et peu couteuses, sinon il est illusoire de penser qu'un SDF attendra 2 années le procès d'une collectivité, dans ce qui ressemble vraiment à un combat de David contre Goliath...
Bref pour résumer, je suis encore un peu sceptique. Un droit au logement opposable, oui, à condition de se donner les moyens de vraiment pouvoir l'appliquer !
01 janvier 2007
Roumanie et Bulgarie : Bienvenue en Europe !
Le 1-er janvier 2008, l'Europe passe une nouvelle étape de son élargissement en intégrant la Roumanie et la Bulgarie. C'est désormais un ensemble de 27 pays et plus de 480 Millions d'habitants qui se retrouvent unis sous un ensemble de règles communes.
Pour une fois, on ne va pas commencer à critiquer les institutions, leur inefficacité, le déficit démocratique de l'Union, les faiblesses de l'Euro... On se contentera simplement de souhaiter la bienvenue à ces nouveaux membres dont l'intégration marque la fin définitive de la coupure Est-Ouest qui a structurée l'ensemble de la vie internationale pendant toute la seconde moitiée du XXè siècle.
A l'évidence, à la chute du mur de Berlin, l'Europe de l'Ouest avait une responsabilité historique vis-à-vis de tous les pays de l'ex bloc communiste. Alors au delà des difficultés à venir, des clichés inévitables, du plombier polonais au clandestin roumain, célébrons simplement la réunification de l'Europe, en espérant, en cette période de voeux qu'elle se traduise par une longue période de paix et de prospérité !