29 décembre 2006
L'Euro, premier bilan...
5 ans après la mise en place de l'Euro, un sondage Gallup nous révèle que 52% des français estime que la monnaie unique n'est pas considérée comle globalement avantageuse. Alors qu'on aurait pu penser au contrairee que l'Euro finirait au fil du temps par convaincre les nombreux septiques du démarrage, il semble à l'inverse que plus le temps passe, et plus la monnaie unique est contestée. Par ailleurs, le constat d'un échec de la monnaie unique n'est pas uniquement porté par les français, mais est également partagé par plusieurs pays européens comme les Pays Bas, l'Italie ou la Grèce.
Selon moi, deux principales raisons expliquent ce désenchantement :
- d'une part les promesses ont été démesurées et on a donné à l'EUro un rôle qu'à l'évidence il ne pouvait pas tenir. Que n'a t'on entendu au moment du référendum sur le Traité de Maastricht, comme quoi l'Euro allait éradiquer le chômage en Europe, et réduire les inégalités dans le monde...
- d'autre part, et surtout, l'Euro n'a rien réglé dans la mesure où c'est l'ensemble de la politique économique économique européenne qui est à repenser. L'Euro fort, substitué au franc fort, produira inévitablement les mêmes effets, avec une pénalisation des exportations, et un encouragement à décolaliser, ou à produire en zone dollar (cf le cas Airbus, révélateur des ravages de la parité Euro/Dollar). Une Banque Centrale indépendante, dont l'unique objecifs, dans son traité fondateur, est de garantir la stabilité des prix, ne permettra jamais de mettre en place des instruments de stimulation de la croissance. Un Pacte de Stablité aussi inefficace et dénué de crédibilité ne permettra jamais de mettre en place une véritable coordination des politiques budgétaires en zone euro.
Le problème de fond est bien que nos dirigeants ont construits un système à mi chemin : ils ont voulu une politique monétaire unique, mais sans se donner les moyens d'une politique budgétaire commune. De ce fait, et par nature, chacun est encourager à adopter un comportement de "passager clandestin", en faisant supporter par les autres son propre déficit...
Au final, le sujet est aujourd'hui bloqué. Concrêtement, il est impossible de revenir en arrière, en supprimant la monnaie unique et en revenant au franc. Et politiquement, faire un pas en avant pour renforcer l'intégration budgétaire semble difficile, compte tenu du contexte politique lié notamment au rejet de la Constitution Européenne. On ne peut que féliciter nos élites pour nous avoir conduit à une telle impasse...
20 décembre 2006
SDF du Canal St Martin, faut il exhiber les pauvres ?
Grâce au coup d'éclat de Médecins de Monde et de l'association "Les enfants de Don Quichotte", qui a installé une centaine de tentes au bord du canal Saint Martin, Les pauvres ont fait une entrée fracassante dans la campagne électorale.
Immédiatement, le candidat Sarkozy a réagi, comme souvent non sans un soupçon de surenchère, pour promettre la disparition en deux ans de l'ensemble des SDF de Paris. De son côté, Cécile Duflot, nouvelle responsable des Verts, est allé passer la nuit avec les sans abris dans ce campement de fortune.
La méthode des associations pose certes un certain nombre de questions. Au delà de l'exhibitionnisme vis-à-vis des sans abris, on peut se demander si le fait pour les "biens logés" de passer la nuit dans une tente ne permet pas s'acheter une bonne conscience en occultant toute réponse de fond.
Pour autant, jamais on a autant parlé de la population des SDF que depuis 3 jours. Jamais les différents candidats n'ont été à ce point sensibilisés au fait que plusieurs milliers de personnes vivent en France en dessous du seuil de pauvreté, et ne dispose pas du premier des droits, à la base de tout développement de l'humain, le droit de disposer d'un logement descent.
Alors prenons Nicolas Sarkozy au mot, lorsqu'il veut rendre le droit au logement applicable devant les tribunaux. La mesure semble impossible à mettre en place ? D'autres pays l'ont bien fait, et avec succès puisque les collectivités ont été contraintes de cnstruire des logements sociaux.
Ne nous arrrêtons pas au simple mouvement d'indignation et de solidarité né de l'opération du Canal Saint Martin. profitons en pour interpeler chaque candidat, et le faire s'engager sur ce qui constitue l'un des chantiers majeurs du prochain président de la République.
27 octobre 2006
SNCF et patriotisme économique
Une nouvelle fois, la France a réussi à se ridiculiser sur la scène internationale, en s'appliquant à elle même ce que personne d'autres ne s'applique. Ainsi donc la SCNF a chosi le canadien Bombardier pour réaliser quelques 200 rames de banlieue, un marché estimé à près de 4 Milliards d'Euros, contre la proposition d'Alstom.
Cette décision est extrèmement dommageable pour l'emploi sur les sites industriels d'Alstom, et révèle une vraie naïveté du gouvernement français et des entreprises nationales.
En effet, et même si l'on raisonne ne dehors de toute considération de patriotisme économique, que constate t'on ? Un acteur canadien, probablement très compétent, la n'est pas la question, mais qui vient successivement de remporter deux contrats de gré à gré pour le métro de MOntréal (1,2 Milliard de dollars), et celui de Toronto (700 Millions). Sur ces marchés, Alstom a été interdit de concourir puisque le gouvernement canadien a exclu le transport ferrovière et urbain des obligations que lui impose l'accord de l'OMC sur les marchés publics.
Forcément du coup, en faisant financer l'ensemble de ses développements par les marchés de gré à gré, il est nettement plus simple pour Bombardier de venir en France proposer une offre plus compétitive ! Par ailleurs, Alstom semble payer également le fait d'avoir conservé l'immense majorité de son appareil industriel en France, contrairement à Bombardier qui importe l'ensemble de ses pièces primaires de ses usines d'Europe de l'Est.
Au final, que constate t'on ? Une véritable distorsion de marché, avec une compétition où le challenger français commence avec les mains liés dans le dos, pas de marché protégé, et une exigence politique de réaliser les travaux en France, quitte à perdre un peu en compétitivité. Une nouvelle fois, l'emploi en France, et l'avenir de l'industrie française sont sacrifiés à l'autel des directives libérales que Bruxelles a négocié à l'OMC !
En tout cas, deux acteurs jouent gros dans cette affaire : le Conseil régional d'Ile de France, tout d'abord, qui devra expliquer à ses électeurs cette décision, qui menace gravement l'avenir d'Astom Transport ; la SNCF ensuite, qui sera bien mal placé pour nous sortir le couplet du patriotisme économique et des obligations de service public lorsqu'il s'agira de faire financer par l'Etat les lignes ferrovières transversales...
En tout cas, cette affaire est un superbe exemple d'application manquée du patriotisme économique, qui n'est après tout que la suite logique de ce qui s'appelait il y a une dizaine d'année la préférence communautaire...
Ségolène incorrigible...
Décidément, Ségolène Royal n'en finit pas d'innover, la dernière propositionen date n'étant rien de moins que de mettre en oeuvre des tribunaux populaires permettant de juger la classe politique structurellement malhonnête.
Cette proposition est à la fois mauvaise sur le fond, en ce sens qu'elle tourne le dos à tous les principes de la démocratie représentative, mais aussi sur ce qu'elle révèle de la façon dont Ségolène construit son projet.
Sur le fond, à part sous Robespierre et Saint Just, le mandat impératif n'a pas vraiment de précédant dans l'histoire de la République. Certes, et comme souvent avec les propositions de Ségolène, celle ci semble être une proposition de bon sens : intégrer des gens de tous milieux pour évaluer les politiques publiques, quoi de plus normal, et naturel. Pour autant on voit rapidement les dérives que portent ce démocratie du quotidien : le règne de l'urgence, la satisfaction permanente soit du plus grand nombre, soit du consensus mou, et surtout une classe politique incapable de prendre de la hauteur et de précéder les mouvements d'opinion, quitte à accepter temporairement de l'impopularité. Avec des jurys populaires, la peine de mort n'aurait jamais été abolie, pas plus que l'avortement légalisé.
Mais au delà même du fond, cette proposition est symptomatique de la démarche de Ségolène. Mardi, un sondage est publié dans la presse, qui indique que les français estiment leur classe politique en grande majorité corrompue. Le lendemain, Ségolène lance cette proposition dans la presse, sans aucune concertation, et prenant même toute son équipe de campagne par surprise, à tel point qu'on a pu entendre un Montebourg expliquer qu'il avait effectivement du mal à suivre par moment...
Bref au final, une mesure mauvaise et dangereuse, et surtout une méthode de gouvernement qui inspire de grandes craintes, tant elle s'inspire des mouvements d'opinion court terme. Plus la campagne avance, et plus les dangers de la démocratie participative sont mis en évidence. Est il encore temps d'arrêter le processus ?
15 octobre 2006
Sarkozy dans le texte
Jean Luc Porquet a rédigé un billet dans la rubrique "Plouf" du Canard Enchainé du 27 septembre dernier. J'espère qu'il me pardonnera de reproduire ici de larges extraits de ce billet, qui à mon avis est la meilleure illustration du danger porté par les discours du ministre de l'Intérieur. Le fil conducteur de l'article est d'imaginer un discours sarkoziste sur celui ci était ministre de la Justice et non ministre de l'Intérieur. Ne sont reproduits ici que quelques extraits de l'article.
" Il faut avoir le courage de le dire aux français, la police ne fait pas son travail ! Je ne jette pas la pierre à mon collègue ministre de l'intérieur, chacun agit selon ses compétences. Mais les faits sont la. Voyez les chiffres du "Figaro" qui établit le palmarès 2006 de la performance policière. La ville qui n'enorgueillit d'avoir les policiers les plus efficaces et Thionville. Et à Thionville, quel est le taux d'élucidation des crimes et délits ? 37,01%. Cela signifie que deux contrevenants sur trois se promènent librement dans la nature. [...] Je n'invente rien ce sont les propres chiffres de la Direction Centrale de la Sécurité publique. Croyez vous qu'une entreprise privée qui ait des résultats aussi désastreux aurait pignon sur rue ? Non, elle aurait fait faillite depuis longtemps. Elle aurait mis la clé sous la porte !
Alors je pose la question : pourquoi ? Pourquoi cet échec ? Parce que la police a démissionné. Parce que la police est laxiste. Qu'est ce que je lis dans le même "Figaro" ? Je lis l'interview d'un commissaire de Grenoble. Le brave homme explique comment il a réussi à être un peu plus efficace. Je cite : "80% des policiers grenoblois ont vu leurs horaires de travail modifiés, pour coller aux heures de présence des délinquants, notamment le soir et durant les week ends, jusqu'à deux heures du matin". Oui, vous avez bien lu, les flics grenoblois viennent de découvrir que les délinquants bossent surtout le soir et le week end ! Du coup ils ont "adapté leurs heures de présence" à celles des délinquants ! Mais il faut avoir le courage de le dire aux Français : c'est le signe que les policiers ne sortent plus de leurs bureaux. Comment voulez vous que les magistrats fassent respecter la loi si les policiers ne leur amènent pas les contrevenants à la loi ? Les magistrats ne peuvent pas faire tout, tous seuls. Il faut avoir le courage de le dire aux Français !
Quelle leçon tirer de ce texte en dehors de féliciter Jean Luc Porquet pour ses talents rédactionnels ? La principale est qu'il est particulièrement facile de s'appuyer sur le prétendu bon sens paysan du Français moyen pour construire un discours primaire, démagogique, et désespérément stérile en terme d'efficacité.
Pendant la campagne présidentielle, chaque discours, chaque déclaration de Nicolas Sarkozy devra être scrupuleusement analysé au regard de l'article ci-dessus. Espérons que nous serons suffisamment nombreux pour réaliser ce décryptage indispensable à un vote en connaissance de cause...
10 octobre 2006
Airbus, retrouver d'urgence la sérénité
Après une semaine de psychodrame, et un week end de rumeurs diverses et variées, le feuilleton Airbus semble prendre provisoirement fin avec la démission de Christian Streiff et son remplacement en direct par Louis Gallois...
Le paradoxe, c'est que Christian Streiff s'en va en disant qu'il n'a pas les moyens d'appliquer son plan de restructuration, Power 08, plan que son successeur a été explicitement chargé de mettre en oeuvre par le conseil d'EADS !
Ce qui est sûr, c'est qu'Airbus doit d'urgence retrouver les bons rails. Au-delà de retards ponctuels qui pouvaient sembler relativement anodins au premier abord, vue la taille du programme A380, c'est l'ensemble de l'entreprise qui semble souffrir de graves dysfonctionnements, en particulier dans les relations entre les différents sites d'assemblage... Le temps n'est plus malheureusement aux années fastes où Airbus taillaient des croupières à un Boeing empêtré dans des problèmes industriels et de management. Depuis 3 ans, Boeing a opéré une formidable mutation, en modernisant son appareil industriel, et en lançant avec succès une nouvelle génération de produits moins consommateurs de kérosène. A ce titre, le programme 787 est incontestablement un succès, et il faudra des années à Airbus pour se remettre à niveau sur ce créneau...
Aujourd'hui l'heure n'est plus aux compromissions et aux discussions de répartition de camembert entre la France et l'Allemagne. Personne ne conteste qu'Airbus est un symbole formidable de la coopération franco allemande et de la construction européenne, l'Europe industrielle des projets plus que l'Europe monétaire et libérale des derniers traités. Il n'est évidemment pas question de fermer le site de Hambourg pour rapatrier l'A380 sans contrepartie... Pour autant, des choix doivent être faits, en terme de rationalisation de l'appareil industriel, de probable fermeture / cession de site, et malheureusement de probable réduction d'effectifs. L'industrie aéronautique est une industrie cruciale pour l'Europe, en terme de performance, d'emploi, de préservation du savoir-faire technologique. De ce fait, Airbus doit redevenir l'entreprise compétitive et performante qu'elle a été par le passé.
Pour cela, le nouveau patron d'Airbus doit avoir les mains libres pour mettre en place les mesures nécessaires de convergence et de restructuration. Il faut d'urgence remobiliser l'entreprise (ce qui passe au passage par ne pas désespérer les équipes allemandes) sur un projet commun, rassurer les clients sur la capacité d'Airbus à livrer les produits, et préparer l'avenir. Pour Airbus, le renouvellement de la gamme A320, créneau où l'entreprise dispose d'une avance incontestée, représente une opportunité unique de revenir sur le devant de la scène à partir de 2010-2011. C'est dans moins de 4 ans, il est donc plus qu'urgent de remettre l'entreprise sur les bons rails...
Alors bonne chance Louis Gallois !
02 octobre 2006
Honnête et sarkoziste ?
Une fois n'est pas coutume, une petite blague reçue récemment, pour bien commencer la semaine...
Lorsque Dieu créa le monde, il décida de concéder deux vertus aux hommes de chaque peuple afin qu'ils prospèrent.
Par exemple il rendit :
- Les suisses précis et pacifistes
- Les anglais flegmatiques et ironiques
- Les japonais travailleurs et réalistes
- Les italiens joyeux et humanistes
Quant aux français, il dit :
« Les français seront intelligents, honnêtes et sarkoziens. »
Lorsque le monde fut achevé, l'ange qui avait été chargé de la distribution des vertus demanda à Dieu :
« Seigneur, tu as dit que tu octroyais deux vertus à chaque peuple, mais les français en ont trois. Est-ce pour cela qu'ils se placent au dessus des autres ? »
« En vérité, Je te le dis, chaque peuple a deux vertus y compris les français, car chacun d'entre eux ne pourra en posséder que deux à la fois. Ce qui veut dire que :
- si un français est sarkozien et honnête, il ne sera pas intelligent,
- s'il est sarkozien et intelligent, il ne sera pas honnête,
- s'il est intelligent et honnête, il ne peut pas être sarkozien. »
28 septembre 2006
Retrait de Jospin, victoire de la démocratie d'opinion ?
Depuis ce matin, la route de la candidature à l'élection présidentielle semble s'être sérieusement dégagée pour Ségolène Royal, avec l'annonce du retrait de la course à l'investiture de Lionel Jospin.
A plusieurs égards, on ne peut que se réjouir de ce retrait qui semble cette fois bien définitif. Un âge avancé (69 ans), le reniement d'une annonce présentée comme irréversible le 21 avril 2002, une aspiration légitime à faire émerger une nouvelle génération, et un risque de relancer la guerre au PS sont autant de raisons qui justifient ce retrait que beaucoup de responsables socialistes ont qualifié de "sage".
Pour autant, la désormais probable victoire de Ségolène Royal au sein du PS laisse effectivement présager des lendemains bien difficiles pour le PS. En se mettant délibérément en marge de l'appareil socialiste, Royal a choisi de s'adresser directement à l'opinion, et compte sur les sondages pour forcer la main des militants (méfions nous toutefois, on a pu voir lors du référendum sur la constitution à quel point les militants pro oui pouvaient être en décalage avec les sympatisants auprès desquels le Non a été largement majoritaire).
De même, Ségolène Royal se méfie des idéologies, et préfère faire l'apologie du pragmatisme, du bon sens et du "terrain". De ce fait, la pensée idéologique de Ségolène n'est pas un corpus idéologique cohérent, mais un patchwork d'idées prises ça et la, et déconnectées les unes des autres sans tenir jamais compte des interdépendances pouvant exister entre différentes mesures.
Au total, on voit bien tout les dangers de cette apologie de la démocratie d'opinion. En faisant la part belle aux sondages, elle condamne l'homme (ou la femme en l'occurence) politique à n'être qu'un suiveur des mouvements d'opinion à court terme. D'autre part, elle empêche de pouvoir évaluer la vision d'ensemble d'un programme où chaque mesure doit être prise et évaluée individuellement... De ce fait, elle retire toute légitimité à l'homme politique pour être celui qui propose une direction, indique un chemin, et participe au renforcement de la maturité de la démocratie.
En cela, la candidature de Ségolène Royal semble représenter un véritable danger pour l'évolution du débat démocratique. Gageons que les militants du Parti Socialiste seront assez lucides pour refuser cette voie, faute de quoi ce sera aux français de le faire...
23 septembre 2006
25 ans du TGV, vive la dépense publique !
La SNCF fête ce week end le 25è anniversaire de la mise en service du premier TGV orange sur la ligne Paris Lyon.
A l'heure où l'idéologie néo libérale ne cesse de condamner par principe tout ce qui touche de près ou de loin à la dépense publique, cet anniversaire est la pour nous rappeler que celle ci est indispensable pour faire émerger des fleurons de l'industrie nationale. En effet, à l'image d'Airbus ou d'Ariane, ce projet de train à grande vitesse n'aurait jamais pu émerger naturellement avec des investisseurs privés. Des montants d'investissement trop important (la SNCF cumulait 200 Milliards d'endettement au milieu des années 80 !), et un retour sur investissement beaucoup trop lointain, bref, seule la puissance publique pouvait se permettre un tel investissement.
Aujourd'hui le bilan est extraordinairement positif : plus d'un milliard de passagers transportés, le moyen de transport le plus sûr (aucun accident, aucun mort à déplorer), le plus écologique (pas de pétrole, une consommation d'électricité par passager dérisoire), une réussite à l'exportation, et enfin une révolution pour certaines villes de province totalement relancées par le TGV (Nantes, Tours, voire Marseille...).
Quel plus bel exemple que cette réussite pour réhabiliter la dépense publique, comme moyen de pallier les insuffisances du capitalisme en terme de visibilité à long terme ! Contrairement aux libéraux, je suis convaincu que la France a besoin d'une véritable politique industrielle suscité par la puissance publique, pour faire émerger les champions de l'industrie de demain, qui représentent également les emplois de nos enfants !
Espérons que ce constat finira un jour par remettre en question cette règle grotesque des fameux 3% de déficit public autorisé par Bruxelles. Au minimum, il est crucial de distinguer les dépenses de fonctionnement des dépenses d'investissement, afin que l'avenir ne soit pas systématiquement sacrifié aux objectifs de court terme de gouvernements en sursis...
11 septembre 2006
Privatisation de Gaz de France : 128 amendements traités
Au soir du premier jour de débat sur la privatisation de Gaz de France à l'Assemblée Nationale, l'AFP nous apprend que l'Assemblée Nationale a examiné et rejeté 128 amendements PS sur un total de 137.629.
Ainsi, les socialistes se sont engagés dans une opération de flibusterie parlementaire délibérée, et veulent absolument contraindre le gouvernement à user du 49-3 pour ensuite crier au scandale.
Au delà du caractère pathétique de la manoeuvre, elle démontre surtout un profond mépris de l'institution parlementaire et du rôle que celle ci est censée jouer dans le vote des lois et le contrôle des activités de l'exécutif. Lors de la campagne présidentielle, tous auront une larme à l'oeil pour regretter la perte de crédibilité et de pouvoir du Parlement face à un gouvernement tout puissant. Pas sûr que ce soit avec ce type d'attitude que la situation s'améliore...
Autre point intéressant de ces derniers jours, la CGT et FO indiquent avoir remporté une majorité absolue lors du référendum organisé auprès des salariés de Gaz de France sur la privatisation du groupe.
Il serait tout aussi intéressant de demander à la branche CGT du groupe Suez (que l'on entend pas beaucoup, d'ailleurs) d'organiser le même type de consultation chez les salariés de l'ex Lyonnaise des Eaux, sur le bien fondé de la fusion avec Gaz de France...